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Les remparts en 2001
 
Photo 2006    
Photo 2006    

2. SAINT MARTIN, Louis.- Monographie de Simorre - (1939) quelques extraits


…Au XIIème siècle, Simorre présentait l'aspect d'une ville corsetée de murailles, et, au couvre-feu, à neuf heures du soir, les portes étaient closes, les herses baissées jusqu'à l'aube.
L'Abbé avait gardé les clefs de la ville et désignait lui-même les portiers de la cité.

Les comtes d'Astarac et l'Abbé de Simorre
Les comtes d'Astarac se montrèrent favorables à l'Abbaye de Simorre jusqu'en 1141, date de la reconstruction de la ville. A partir de ce moment, ils devinrent jaloux de la puissance de l'Abbé.

…Coutumes de Simorre (1268)
Le 5 mai 1268 l'Abbé d'Asté accorde les " coutumes et lois " aux habitants de Simorre.
Il donne et concède aux habitants la " récolte des eaux ", des poissons, oiseaux et animaux sylvestres, il leur donne le droit d'user des voies publiques " faites ou à faire ". Il se réserve le droit d'investir les consuls après leur serment de fidélité. Les consuls doivent rétablir la paix et la concorde en cas de rixe, désigner un ou plusieurs gardiens pour surveiller les récoltes.
La police : les meurtriers, suborneurs ou voleurs seront tenus d'indemniser leurs victimes. Tout meurtrier sera jugé et expulsé du territoire s'il n'est pas mis à mort… L'Abbé est chargé de faire exécuter les malfaiteurs… La loi sera appliquée à tout étranger établi dans la communauté depuis moins d'un an et un jour ; après ce délai, il devra prêter le serment de fidélité.
Si quelqu'un a frappé un homme ou une femme, il sera tenu de payer l'amende et de quitter la ville pendant un mois… Si un étranger frappe un autre étranger, l'amende ne sera infligée qu’après une plainte.
Si quelqu'un a tué un habitant de Simorre, qu'il ne rentre ni dans la ville ni dans l'alleu. S'il y pénètre, n'importe qui aura le droit de le tuer sans risque d'être poursuivi.
L'adultère, homme ou femme sera puni d'une amende de 65 sous morlaas…

Réglementation du commerce et du travail
Le boucher doit avoir comme profit par porc le sang et le ventre… et de chaque mouton la peau et le ventre ou un denier par sou.
S'il vend un porc lépreux (ladre), il doit prévenir les clients, sinon la viande sera saisie et distribuée aux pauvres.
Le boulanger aura comme profit 4 deniers et le son. Si son gain est supérieur le pain sera saisi et donné aux pauvres.
Le marchand de vin doit vendre sa marchandise au prix et mesure fixés.
Le teinturier doit prendre 4 deniers par drap, un denier par " virgan " …
Les maîtres charpentiers recevront de la Toussaint à la Saint-Jean trois deniers et la nourriture et de même les scieurs de long.

Police
Celui qui sera trouvé avec feu et lumière après le couvre feu sera puni d'une amende….
Le propriétaire a le droit d'enfermer chez lui les animaux trouvés dans les récoltes ; il ne doit pas les maltraiter sous peine d'indemnité et d'amende.
Le vendeur de viandes malsaines ou pourries sera condamné à une amende de 65 sous morlas. Si quelqu'un est mort après avoir consommé de ces viandes, le vendeur sera condamné à mort.

Historique des fortifications

Les remparts
Lors de la construction de la ville, l'étendue de terrain limitée par les remparts était plus que suffisante pour permettre à chaque famille d'y construire sa demeure. Mais l'abbaye était riche et puissante. Simorre offrait à ses habitants une sécurité parfaite et une vie plus large qu'à la campagne.
…La population s'y accrût rapidement, les emplacements pour construire vinrent à manquer et les maisons escaladèrent les remparts. On permit d'utiliser ces derniers pour y appuyer les planchers du premier étage et les colombages du second… Certains habitants élevèrent leurs demeures sur les vieux remparts en pisé ; d'autres les démolirent et les remplacèrent par des murs bâtis en pierre avec de la chaux et du sable, d'une épaisseur de 1,40 m en moyenne.
On trouve encore aujourd'hui (1935) ces murailles dans les maisons Daran, Duffard, Abadie, boulevard du Midi …les maisons Cauhepé et Bégué, boulevard du Nord.

Les fossés
Des fossés de 4 mètres de largeur et d'une profondeur de même dimension formaient la deuxième ceinture de la ville…
…Ces fossés présentaient de graves inconvénients. En été, leurs eaux stagnantes répandaient des odeurs fort désagréables; elles favorisaient l'éclosion de nuées de moustiques. Aussi, chaque année, de nombreux habitants étaient atteints de fièvres intermittentes dont ils se débarrassaient difficilement. Les fossés comblés, ces fièvres ont disparu…
…En 1817, dans son rapport au conseil municipal sur les chemins de Simorre, le maire s'exprime ainsi " Le chemin qui fait le tour de ville peut être considéré comme une promenade, il a été considérablement rétréci, c'est la faute du cadastre (1741) qui fixe la contenance des terrasses. Les particuliers ont avancé les fossés outre mesure et y conduisent les égouts et immondices de leurs maisons et comme il n'y a aucun courant qui puisse les emporter, elles y croupissent et leur fermentation fait échapper des miasmes putrides qui occasionnent des maladies annuelles et des fièvres d'un caractère nerveux et tenace. Nous proposons au Conseil d'ordonner la suppression de ces profonds fossés, de ne conserver que celui qui part de la terrasse de M. l'Abbé de Labarthe et qui conduit à la rivière parce qu'il est destiné à recevoir les eaux pluviales qui s'échappent des rues de la ville lequel reçoit les eaux qui viennent de la colline de Saint-Nicolas ".
La délibération resta sans effet.
Tous les propriétaires confrontant aux fossés de l'Ouest de la ville avaient comblé ces derniers et s'étaient appropriés le terrain.
Le conseil municipal désigna M. Monferran, géomètre à Villefranche pour mesurer le terrain usurpé et fixer l'indemnité à payer par les propriétaires.
…Dulerm Blaise a usurpé un fossé profond près de la ville depuis 7 ans, surface 79 centiares somme due, 14 fr….
…Par la suite, les fossés furent comblés et nivelés, une voie d'eau a été détournée du " Gourgot " et conduite dans le fossé du midi pour en balayer les ordures….

Les ravelins
Entre les remparts et les fossés s'étendait une bande de terrain d'une largeur approximative de quatre mètres.
Pour en rendre l'accès plus difficile, on avait donné à ce terrain une pente d'autant plus accentuée que le pied des remparts était à un niveau plus élevé que le bord des fossés.
Cette disposition portait le nom de ravelins en terme de fortification.
Dans le cadastre de 1741, les arpenteurs avaient désigné cette sorte de tertre sous le nom de « couston » et en attribuait la propriété aux confrontants.
…Les conséquences furent fâcheuses pour la ville de Simorre comme le fit observer le maire en 1817.
Les propriétaires confrontants s'emparèrent des ravelins et d'une partie des fossés. Les uns y établirent des terrasses, d'autres des jardinets ; plusieurs y construirent des granges, des écuries. Tout cela donne un bien triste aspect à la ville, vu des boulevards du nord et du midi.

Les portes de la ville
Les deux portes de la ville étaient construites en briques ainsi que chacune des tours qui les surmontaient. La voûte en arceau formait un abri, un emban (hangar) comme on disait autrefois.
Les murs en pisé n'auraient pu supporter un poids aussi lourd, on avait eu la sage précaution de les renforcer avec des piliers en briques reposant sur des pierres taillées.
Les dimensions …sont inconnues ; mais elles permettaient de faire entrer en ville les denrées nécessaires aux habitants, blé, vin, bois de chauffage, marchandises diverses, fourrage pour les chevaux.

…Cependant en 1793, Jacques Tando, maire, d'accord avec la majorité des officiers municipaux, prit un arrêté ordonnant la démolition de la tour de la porte " de debat " qui exigeait des réparations (sa maison était attenante à la porte).

Les habitants de Simorre opposés à cette mesure se réunirent et signèrent une protestation qu'ils firent remettre à la municipalité.
…Cette tour avait besoin de réparation urgente mais rien ne justifie la suppression entière de ce couvert qui est de plus grande utilité et même d'indispensable nécessité.
…Les pétitionnaires obtinrent satisfaction et la tour resta debout.
Mais le 17 février 1806, le maire demande l'autorisation de " démolir les deux portes d'entrée de la ville de Simorre inutiles et très préjudiciables à la commune soit par rapport aux réparations qu'elles exigent à raison de leur vétusté soit parce que les ouvertures sont si étroites qu'elles gênent le passage des chars ou voitures principalement les jours de foire et marchés, et qu'elles empêchent la libre circulation de l'air et rendent surtout la ville malsaine pendant les grandes chaleurs. D'un autre côté notre ville présentera un aspect bien plus agréable lorsque nous aurons fait disparaître ces tours qui deviennent très dangereuses surtout pendant la nuit.
D'ailleurs il y a une infinité de raisons qu'il est inutile de vous rappeler ".
Après ce discours du Maire, le Conseil municipal, à l'unanimité, décide que « les deux tours du levant et du couchant seront démolies depuis le sommet à la base »…
…Les matériaux en provenant seront spécialement affectés à la construction des ponts à établir sur la route de Saramon à Villefranche, aux réparations du presbytère, de l'église et de la place couverte de la commune…
…A la porte du couchant, on laissa un pilier de chaque côté de la rue. Ils furent démolis vers 1836.

Faits de guerre
Les fortifications de Simorre, grâce à la vigilance des guetteurs, et à la discipline des habitants rendirent de précieux services à la population dont elles garantissaient la sécurité.
Dans la lutte entre l'abbé de Simorre et le comte d'Astarac (1268-1303), les troupes de celui-ci ravagèrent les terres de l'Abbaye et molestèrent les vassaux.
Elles ne purent jamais entrer dans la ville.
Il en fut de même des bandes de gens armés qui profitant des désordres provoqués par la guerre de Cent ans parcouraient le pays dans tous les sens pour le piller.

Passage du Prince Noir
Le prince de Galles, fils aîné du roi d'Angleterre, surnommé le Prince Noir, à cause de la couleur de son armure, avait débarqué à Bordeaux avec une petite armée en 1355. Elle fut bientôt renforcée par des bandes de gascons des Landes vivant de vols et de pillages.
Le Prince Noir et ses troupes ravagèrent la plupart des villes de l'Armagnac et puis se dirigèrent vers Toulouse.
Le seigneur Abbé et les consuls de Simorre… avertis de leur arrivée… ne se sentirent pas assez forts pour résister aux anglais, ils décidèrent de laisser ouvertes les portes de la ville et les habitants de Simorre, abandonnant leurs maisons vides allèrent se cacher dans la forêt de Larrouy entre le hameau de Saintes et Saramon.
Le 24 octobre 1355, un samedi, le prince Noir quitta Seissan après avoir pillé et incendié la ville, et arriva à Simorre avec son armée et de nombreuses charrettes chargées de butin.
Il logea dans la ville avec le gros des troupes ; un détachement alla cantonner à Villefranche, un autre à Tournan. Les maisons étaient désertes, mais les soldats trouvèrent des vivres en abondance.
…Après le départ de ces pillards, les malheureux habitants rentrèrent dans leurs demeures qu'ils retrouvèrent intactes mais beaucoup d'objets avaient disparu.

Siège de Simorre par les Protestants
En 1573, les protestants établis au château de Mauvezin, près de Capvern, sous la conduite de M. de Vivès, vinrent à Simorre avec l'intention de surprendre les catholiques à la procession de Saintes, le lundi de Pâques.
L'Abbé, prévenu, contremanda la cérémonie et les habitants de la ville nommèrent Jacques de Brugèles commandant de la place. Celui-ci donna promptement avis à l'intendant de Police dans la généralité de Montauban et à Carbon de Labarthe de Lasségan, un Simorrain, gouverneur de la Province et lieutenant du roi en Guyenne, qui envoyèrent promptement des secours.
Les protestants arrivèrent devant Simorre le 23 mars 1573 et trouvèrent les portes fermées. Ils levèrent le siège le 15 avril suivant lorsqu'ils apprirent l'arrivée des secours et partirent après avoir détruit la chapelle de Saint Nicolas et l'église de la Molère.

Passage des Anglais en 1814
Dans les premiers jours d'avril de l'an 1814, les habitants de Simorre revirent dans leurs murs une armée anglaise.
C'était un groupe de soldats de Wellington qui allaient rejoindre devant Toulouse l'armée du général en chef.
A Simorre, les Anglais se conduisirent correctement et ne se livrèrent à aucun excès ; mais on parla longtemps de ces soldats " en jupons ", allusion à leur costume militaire.

Les deux halles
Situées à 45 mètres à l'ouest du centre de la ville, « les deux places couvertes » qu'on nomme aujourd'hui (1935) les deux halles constituent une curiosité archéologique de Simorre.
Celle du nord a joué le rôle le plus important dans la vie communale.
D'après le cadastre de 1741, elle confrontait : midi, couchant, nord, rues publiques, levant, maison de sieur Charles Lacroix. Au septentrion, elle donnait sur la rue Saint Cérax et la place Polastrou, en face de la porte à deux ouvrants du cloître de l'abbaye.
Aucun document ne nous fait connaître la date de sa construction qui paraît remonter à la fin du XIIIème siècle ou au commencement du XIVème.
Primitivement, cette place couverte fut bâtie et élevée sur douze piliers en cœur de chêne, fort bien travaillés, d'une forme carrée de 0m 40 de côté, aux angles abattus. Les piliers extérieurs reposent sur des socles en pierre : ceux de l'intérieur sont posés à même le sol.
Ils sont reliés par des fortes poutres en bois de chêne sur lesquels est établie la charpente qui soutient la toiture.
On remarque que l'ensemble manque de légèreté, d'élégance ; mais il faut considérer qu'au-dessus de la troisième travée s'élevait un premier étage en pans de bois constituant la " maison de ville " de Simorre.
A l'angle sud-est de la place se trouvait une haute tour en bois où l'on montait par l'escalier de la maison commune. C'était la miranda de notre Midi qui rappelle le beffroi des villes du Nord. De l'autre côté, le seigneur Abbé avait fait construire une tour carrée, en briques, à quatre étages d'une quinzaine de mètres de hauteur. Elle confrontait rue droite, avait la porte d'entrée en face de la " halle au blé " dont elle était séparée par une rue fort étroite.
…En 1705, la maison de ville, la tour et sans doute la toiture de la place exigèrent des réparations urgentes… Le Me Charpentier a… démoli la tour, …la maison de ville ; la toiture a été mise à trois eaux…
La place couverte, ainsi transformée comptait en 1741 une surface d'une place et demie…Sa hauteur mesurait 3m 82 du niveau du sol aux poutres transversales.
Chaque année, en novembre ou décembre, les habitants de la Communauté se rassemblaient sous la place du nord pour dresser la liste de huit " hommes probes, habiles, capables et sages " parmi lesquels le seigneur Abbé choisissait les quatre consuls.
Le dimanche, à l'issue de la messe paroissiale, le valet des consuls y faisait toutes les publications intéressant la population de la Communauté.
Les consuls, aux enchères publiques, y vendaient le premier foin de la Picarde, prairie communale…
Le baile y vendait à l'inquant (l’encan) les biens saisis sur la demande du collecteur au détriment du contribuable défaillant…

Foires et marchés
Les jours de foire et marchés la place couverte se transformait en "halle au bled" (blé). Les cultivateurs des environs y mettaient en vente les produits de leurs champs : blé, mixture, avoine, gros millet (maïs), fèves, lentilles, haricots. Le marché conclu, les denrées vendues étaient apportées " à la pierre " pour y être mesurées.

Boucherie
Au coin nord-ouest, dans l'espace limité par quatre piliers de la place, se faisait l'abattage des animaux de boucherie.
Deux de ces piliers portent encore les trous où l'on plaçait les tours pour suspendre à la poutre, disposée en diagonale, les animaux sacrifiés. Cet usage pernicieux ne prit fin que vers la moitié du siècle dernier, époque où fut construit l'abattoir.

La place couverte du Midi
La place couverte du midi fait face à celle du Nord dont elle est séparée par la rue Droite. Elle est construite sur douze piliers en cœur de chêne la divisant en trois travées d'égales dimensions…
…Mieux abritée contre le vent et la pluie que la halle du Nord, d'un accès bien plus facile elle était utilisée pour les réjouissances publiques. On y organisait les bals publics les jours de fêtes patronales, les fêtes du mardi gras, des fêtes nationales. Pendant de bien longues années, la jeunesse simorraine y a dansé les rondeaux gascons, entraînée par la musique rustique de la flûte et du tambourin, du joueur de " tountoun " ou par les sons plus mélodieux du violon d'un ménétrier.
Les jours de foire et marchés, les marchands de drap, de toile, de lainage établissaient leurs bancs sous la halle du midi et y faisaient l'étalage de leurs marchandises.
Sur le troisième pilier nord, les autorités communales firent fixer solidement un mètre en fer divisé en décimètres et en centimètres pour permettre de contrôler les mètres utilisés par les marchands…

La ville de Simorre au commencement du XVIème siècle
La période de tranquillité qui suivit la guerre de cent ans avait permis aux bourgeois de Simorre d'acquérir une certaine aisance. Ils employèrent une partie de leur fortune à faire édifier des maisons plus confortables.
…La pierre à bâtir de bonne qualité était rare dans la contrée ; les constructeurs employèrent surtout la brique et le bois de chêne pour la construction de ces maisons.
Il faut cependant observer que les murs des rez-de-chaussée sont construits avec de la pierre et du mortier fait de sable et de chaux.
Au contraire, le premier étage et le second lorsqu'il existe sont établis en pans de bois de chêne, les pièces verticales reliées par des panneaux rectangulaires aux diagonales boisées, ou par des croisillons disposés en X formant des losanges d'un fort joli effet.
Cette façon de construire se nommait dans le pays "en croix de Saint-André "ou "massécanat". Les vides étaient remplis avec des briques, les unes posées à plat, les autres placées sur champ.
…L'étage supérieur de certaines de ces constructions surplombait le rez-de-chaussée et formait saillie sur la rue. Les poutres de cet encorbellement, appelées cornières, étaient simplement équarries à leur extrémité (maisons au couchant du presbytère) ; parfois ces poutres disparaissaient, artistiquement travaillées sous des consoles (magasin Cortade).
Les fenêtres étaient en bois de chêne, ornées de fines sculptures, style Renaissance.
Comme on n'utilisait ni gouttières, ni gargouilles pour protéger les murs et les fenêtres, les toitures formant saillie jetaient les eaux très avant dans la rue.

Les rues de la ville

La rue la plus importante, nommée la Grande Rue, orientée de l'ouest à l'est, avait pour point de départ la porte du couchant. Sa largeur mesurait 6 mètres en moyenne, sa longueur 95 mètres. Elle se terminait à la ruelle qui réunissait la rue Bourgeoise à la rue Droite.
Dans la Grande Rue habitaient à cette époque les plus anciennes familles bourgeoises de Simorre : les Marre, les Ducor, les Brugèles.
La rue Bourgeoise, très étroite, avec sa rigole d'écoulement au milieu, était très irrégulière.
…On remarque dans cette rue la maison presbytérale et quelques vieilles façades en « massecanat » fort primitif…
…La rue Droite était fermée à l'ouest par l'antique maison, propriété de la famille Nassans et désignée en 1594 sous le nom d' "Ostau Nassans ".
Cette rue, à peu près droite, d'où son nom, se terminait à la porte du levant. Elle passait entre les deux halles ; ses habitants étaient surtout des marchands, des chirurgiens, des artisans.
La rue Saint Cérats formait un cul-de-sac à l'ouest de la halle du nord…
…Au levant de la halle, la rue se continuait, rigole au milieu, largeur 3 mètres. Aussi toutes les maisons, à gauche, avaient tourné leurs façades du côté du nord sur la place de l'église.
Un passage tortueux venant de la rue Droite et se dirigeant vers l'église coupait en deux la rue Saint Cérats. La partie du levant, d'une largeur de plus de quatre mètres avait ses façades exposées au midi.

Aspect de la ville au XVIème siècle
Les rue étroites, tortueuses, formaient surtout dans la partie orientale un « lacis compliqué, un véritable dédale ». Un étranger risquait de s'y égarer en plein jour, un simorrain pendant une nuit sans lune. Les enseignes étaient parlantes puisque la plupart des habitants ne savaient pas lire. C'était une botte chez le cordonnier, le gril du tavernier, l'énorme clé du serrurier, le plat à barbe du Me chirurgien. Tous ces objets, en tôle peinte « se balançaient, grinçaient au vent » et menaçaient de tomber sur la tête des passants.
Les rues n'avaient ni trottoirs, ni pavés : boueuses en hiver, poussiéreuses en été. Les ménagères y jetaient les eaux de leurs cuisines, les bouchers y laissaient couler le sang des bêtes qu'ils abattaient.
Les eaux croupissantes des fossés, l'absence du soleil et du vent dans certaines rues, la malpropreté des rigoles, les inhumations dans le cimetière de la ville, dans l'église, le cloître et dans la chapelle capitulaire, tout contribuait à l'insalubrité de la cité, aussi les maladies épidémiques y exerçaient de cruels ravages.


.: accès rapide Histoire

1. LACOSTE, Constant. - La légende de Simorre. - Société de Borda, 1932 | 2. SAINT MARTIN, Louis.- Monographie de Simorre - (1939) quelques extraits | 3. Les Armoiries | 4. L’église de Simorre (XIVème siècle) | 5. Les églises rurales | 6. Le Musée Paysan d'Emile
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