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1. LACOSTE, Constant. - La légende de Simorre. - Société de Borda, 1932


La petite cité de Simorre dissimule auprès de la Gimone, sa rouge abbaye de briques aux échauguettes batailleuses. Tout nous parle en ce coin de Gascogne d’un passé lointain et mystérieux : ce sont les tours de la vielle église fortifiée, brunies par les siècles, les vitraux où s’irisent mille couleurs impalpables, les objets tous précieux qui auraient appartenu au grand saint d’Astarac et cette légende naïve et harmonieuse qui nous dit la franchise et la piété de nos vieux gascons. « Vers la fin du IVéme siècle de notre ère, écrit l’abbé Monlezun, la paix dont jouissait l’Eglise d’Aquitaine fut soudain troublée par l’hérésie. C’est alors que Cérats, évêque de Grenoble, s’étant retiré dans l’Astarac, s’arrêta à Simorre dont il convertit les habitants à demi-idolâtres. Il bâtit aussitôt une église qu’il consacra à la Sainte Vierge et y établit pour la desservir quelques clercs qui vivaient à la façon des moines. Puis il se retira dans une des nombreuses forêts qui couvraient alors le pays et chargé d’ans et de mérites il termina sa vénérable carrière le 6 juin sans qu’on puisse assigner d’autre date ».
            Les religieux de Simorre allèrent en grande pompe chercher le corps du Saint, qu’ils déposèrent dans une chapelle dédiée à Saint-André, et lui érigèrent un tombeau. Au cours du Xième siècle, le corps de Saint Cérats fut placé dans l’église abbatiale ; quant au tombeau de marbre, il fut au cours du XVème siècle transporté à Saintes où il est encore conservé de nos jours dans un petit oratoire joignant une fontaine qui y jette ses eaux. Ce tombeau est un sarcophage en marbre blanc, rempli d’une eau qu’alimente une source voisine. De nombreux sourds ont, nous affirme-t-on, été guéris de leur infirmité en se lavant les oreilles à cette source.
            Mais quelle aimable légende ! Ah ! fin de l’histoire… J’écoute avec ferveur ce vieux gascon qui, près de la chapelle, me conte la légende de saint Cérats : « Quand il mourut, dans la paix du seigneur, auréolé d’une gloire puissante, on plaça son corps dans un tombeau de marbre blanc, le plus pur, comme son âme ». Et il me montre un sarcophage mystérieusement simple et nu. Il s’arrête un peu, hésitant, et avec un geste nonchalant : « puis, l’oubli passa sur ses cendres ; son tombeau avait même disparu.
            Or, en ce temps là il y avait à Aguin, village tout proche, un pasteur qui possédait un grand troupeau.
            Un taureau cependant s’échappait chaque soir de son étable, et, arrivé à Saintes, au lieu même où se trouve maintenant la chapelle de St Cérats, il se mettait à meugler, et à gratter le sol avec ses pieds.
            Le pasteur s’aperçut enfin de cette escapade, et suivit un soir l’animal, pensant qu’il y avait là quelque miracle. En effet, à l’endroit même où la bête s’arrêtait et venait s’agenouiller, il aperçut un tombeau.
            L’ayant soulevé, avec l’aide d’autres bergers, il put lire un nom gravé sur la pierre « Cératius ».
            On plaça aussitôt le sarcophage sur un char pour le porter à Aguin ; mais à la limite du village de Simorre, les bœufs qui conduisaient l’attelage refusèrent d’avancer. On ajouta plusieurs animaux ; ce fut en vain ; le char n’avançait toujours pas. Tout près de là, un vieillard labourait avec deux vaches chétives : « C’est moi qui vais atteler et mes vaches marcheront, dit-il au propriétaire du char. Je vais bien voir, répliqua le conducteur ironique ». Le vieillard attela ses bêtes et s’éloignant il cria : « Ha baquétos, ha ! anats oun Saint Cérats bouléra ! ». Alors les vaches tournèrent sur place et toutes seules arrivèrent à Simorre, firent le tour de la ville, et vinrent s’arrêter devant la porte de l’église.
            Depuis, lors de la fête du Saint, une procession immense et recueillie fait le tour de l’antique cité ». En examinant le tombeau de marbre j’aperçois une échancrure. « C’est, ajoute le conteur, la trace laissée par le genou du taureau ».
            Tel fut le miracle du Saint que l’on vénère toujours en cette bonne terre d’Astarac où les traditions se conservent si pures et si fortes.
            Disons cependant, pour terminer, que cette légende n’a aucune valeur historique. Mais la vie des Saints est ainsi entourée de légendes et de contes que l’esprit imaginatif des anciens a pieusement inventés, et qui se sont transmis de générations en générations, narrés au coin du feu.
            Leur simplicité et leur naïveté nous touchent quand même vivement.
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1. LACOSTE, Constant. - La légende de Simorre. - Société de Borda, 1932 | 2. SAINT MARTIN, Louis.- Monographie de Simorre - (1939) quelques extraits | 3. Les Armoiries | 4. L’église de Simorre (XIVème siècle) | 5. Les églises rurales | 6. Le Musée Paysan d'Emile
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