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L'église de Simorre 4/5

l’Abbaye bénédictine | Eglise abbatiale Notre Dame | Les Verrières
Les stalles | Les peintures du sacraire



Les stalles

Elles sont classées Monuments Historique depuis 1962. Elles ont été exécutées sous l'abbé Roger de Labarthe (1492-1519) grâce à la générosité de Jean Marre. Elles se trouvaient, à l'origine, sur une tribune au fond de la nef, selon la mode basque ou espagnole et ont été transférées dans le chevet en 1780. Pour éviter de les détériorer, par une ouverture parasite, on ferma la porte de la sacristie que l'on ouvrit sur le transept ; on avança l'autel, agrandissant le sanctuaire que l'on entoura d'une balustre en fer forgé de style Renaissance qui ne s'accorde guère avec l'intérieur austère de l'église.

Les stalles, au nombre de 38, sont sur deux rangées, disposées symétriquement par rapport au siège de l'abbé qui est situé en léger décalage par rapport à l'axe de l'édifice.

Surélevées de deux marches, les 26 stalles de la rangée supérieure possèdent de hauts dossiers séparés par des pilastres moulurés, elles sont surmontées d'un dais continu se terminant par une corniche sobrement moulurée pourvue d'une balustrade ajourée avec pinacles peu développés et sans crochets.

Le décor de la cage ajourée du siège abbatial a fait l'objet d'un soin particulier. Un blason tenu par deux anges figure à sa partie supérieure. Il a été mutilé à la Révolution mais celui de la miséricorde, qui est intact, montre les armes de Roger de Labarthe.

Une Annonciation est représentée sur les côtés :
- à droite : l'archange Gabriel, les ailes repliées, désigne le phylactère enroulé autour de son bâton de messager et sur lequel figurait la salutation angélique.
- à gauche : Marie qui lisait au moment de son arrivée, l'accueille d'un geste de la main.
Sur le dossier de la stalle située à gauche de l'abbé, on remarque un " tableau de service " orné de rangées de trous permettant au frère " hebdomadier " de marquer à l'aide de chevilles la présence des religieux aux offices. Un second tableau s'observe sur le dossier de la première stalle à gauche de la rangée supérieure.

Les miséricordes des stalles réservées aux moines sont simplement pourvues de pendentifs de facture assez raide. Le décor sculpté ne concerne que les accoudoirs où sont installés de petits personnages religieux (évêque, prêtre en prière, moine dans la même attitude ou tenant un livre) ou laïques ( paysan muni d'une faucille ou portant une hotte emplie de fruits, bourgeois en prière ou tenant des cartes à jouer, joueur de flûte, de cornemuse…). On y trouve également des motifs végétaux et surtout des animaux réels ou fantastiques. A noter l'humour du personnage qui, transformé en cornemuse, fait de la musique avec sa tête devenue tuyau ou du cynocéphale prêchant dans une chaire au pied de laquelle se trouvent deux aigles.

Les jouées, c'est à dire les panneaux extérieurs d'une série de stalles ou ceux marquant un passage entre ces dernières, sont toutes occupées par une scène placée sous un arc trilobé.

La jouée de gauche du passage conduisant à la stalle abbatiale montre le baptême du Christ, elle est surmontée de Saint Jean-Baptiste désignant l'Agneau couché sur son genou gauche et de Saint Jean rédigeant son Évangile avec, à ses pieds l'aigle qui est son symbole ; l'oiseau tient une écritoire dans son bec.
La jouée de droite, montre le baptême de Clovis qui, selon la tradition, fut le fondateur de l'abbaye. Au-dessus figurent Saint Pierre reconnaissable à sa clé et Saint Paul tenant serré contre lui le glaive qui le décapita. L'un et l'autre présentent un livre ouvert.

La jouée extérieure gauche des stalles basses est occupée par le martyre de Saint Sébastien qu'un archer s'apprête à transpercer d'une flèche. Au-dessus figure une lapidation de Saint Etienne, malheureusement fort endommagée.
La jouée extérieure de droite montre le Péché originel. Saint Matthias qui tient à deux mains la hache de son supplice, est assis sur le couronnement (par une singulière ironie, la statuette a été décapitée à la Révolution) il se tourne vers Saint Jacques le Majeur qui, dans la même position, tient son bourdon à la main droite et désigne de l'autre le livre ouvert posé sur son genou.

Bien que flamboyant, le décor des stalles se signale par une remarquable sobriété, surtout lorsqu'on considère l'époque à laquelle elles furent exécutées. Elles semblent pour cela devoir être attribuées à un atelier local qui, insensible aux nouveautés venues d'Italie ou d'Allemagne, était dans la pure tradition du gothique français.
À l'exception de la Vierge et de l'archange Gabriel du siège abbatial qui se distinguent par un canon plus élancé et par le modelé délicat de leur visage, les figures des accoudoirs et des jouées sont très trapues, mais cependant d'un réalisme savoureux laissant une large place à l'humour.

.: accès rapide Histoire

1. LACOSTE, Constant. - La légende de Simorre. - Société de Borda, 1932 | 2. SAINT MARTIN, Louis.- Monographie de Simorre - (1939) quelques extraits | 3. Les Armoiries | 4. L’église de Simorre (XIVème siècle) | 5. Les églises rurales | 6. Le Musée Paysan d'Emile
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